Le Gazelec est de retour en Ligue 2 après vingt ans d’absence. Cet exploit méritait bien un abécédaire digne de ce nom.
A pour Ange Casanova : Avant d’être le nom du stade du GFCOA, Ange Casanova fut le bâtisseur du club. Ancien joueur de l’ACA et de l’Olympique ajaccien, c’est lui qui fusionna son club du Gazelec avec le FCA, club le plus populaire de la ville à l’époque. Dirigeant simple, efficace pour qui l’argent n’était pas le moteur, il restera dans la mémoire collective ajaccienne à vie tellement il a marqué le football corse de son empreinte. Mezzavia porte son nom depuis 1994 mais il n’a pas pu en profiter très longtemps, lui qui décéda quatre ans plus tard d’une longue maladie.
B pour Bistrot : Le Bistrot, c’est le surnom du surnom du F.C.A, dont le Gazelec provient. Alors pourquoi le Bistrot ? Tout simplement parce que c’était un bar (le Claridge, à côté de la gare) qui servait de QG aux dirigeants du club. C’était assurément une autre époque.
C pour Cahuzac, Pierre : Avec Ange Casanova, il est l’autre homme emblématique du Gazelec. Ancien joueur de Toulouse, Cahu prend les rennes du club ajaccien en 1961 et ne les lâchera que dix ans plus tard avec quatre titres de champion de France amateur et un accession historique en deuxième division. Ce pinzutu a fait des merveilles et a conquis le cœur de tout le monde durant cette décennie. Pourtant, l’entraîneur était raide comme la justice, intransigeant, sec, presque méprisant, à peine poli mais son caractère combiné à sa persévérance, son sérieux, sa compétence, sa conscience professionnelle, sa poigne de fer et sa conception toute nouvelle du football a permit au club de franchir plusieurs étapes. Après son départ, il a fait le bonheur du Sporting Bastia, emmenant les bleus en finale de Coupe de l’UEFA en 1978.
D pour Diables Rouges : A l’instar des joueurs de Manchester United, des internationaux belges et des Baseballeurs de Villepinte, les Gaziers ont pour surnom ‘les Diables Rouges’.
E pour élite omnisport : Parce que le G.F.C.O.A est un club omnisport et que les clubs de volley et de Handball brillent. Au Volley, les ajacciens sont dans la deuxième moitié du classement de première division mais ils sont parvenus jusqu’en demie-finale de Coupe de France la saison dernière. Du côté du hand, le G.F.C.O.A est en National 1.
F pour Fanfan : Comme Dumè, Fanfan est un surnom prisé sur l’île de beauté. Diminutif du prénom François, le G.F.C.O.A a connu de nombreux Fanfan mais les plus emblématiques sont Fanfan Milazzo et Fanfan Tagliaglioli. Le premier, milieu de terrain ayant fait carrière à l’OM, a marqué le club de deux façons. Tout d’abord grâce à son influence dans le jeu et dans les résultats de son club. Lors de la finale du Championnat de France 1966 face à Cambrai, le franco-marocain a illuminé la rencontre en inscrivant deux buts et en étant à l’origine d’un pénalty dans le temps additionnel. Cette victoire 4-2 dans lequel il joua un rôle essentiel permit au Gazelec de remporter son troisième titre de champion de France amateur.
Un événement beaucoup plus tragique le fit rentrer dans la légende, sa mort à seulement 33 ans (comme un symbole du Christ) de la porphyrie (la porphyrie est une affection caractérisée par la présence, dans l’organisme, de quantités massives de porphyrines, précurseurs de l’hème (partie non-protéique de l’hémoglobine, fais pas style que tu as compris hein). Ajaccio rendra hommage à son héros comme il se doit.
Le second Fanfan connu et reconnu n’est pas une tulipe mais bien un président de club réputé et aimé. J’ai nommé François Tagliaglioli. Passionné et amoureux de son club, duquel il est président d’honneur à vie depuis 1980, Fanfan vit pour le G.F.C.O.A et il mourra pour lui. Totalement dévoué depuis plus de 50 ans, le Loulou Nicollin d’Ajaccio ( pour son caractère pas son poids hein ), ancien dirigeant d’un cercle de jeu parisien, vit sa plus belle expérience à Ajaccio…à 74 ans.
G pour Gazelec : Pourquoi donc cette appellation du Gazelec ? C’est la question que la France entière se pose aujourd’hui. Gazelec est la contraction des mots Gaz et électricité, car le GFCOA est né après la création d’un club de football par les agents d’EDF et de GDF en 1956. Le nom du club était le Gazelec Football Club d’Ajaccio. Donc si le club en est là c’est grâce à des agents de l’EDF. Pour une fois qu’ils servent à quelques choses ces feignants…
H pour Hypermarché Corsaire : Les hypermarchés Corsaire furent le sponsor maillot de l’équipe ajaccienne pendant de longues années de 1980 pour la première fois jusqu’en 1993 pour la dernière fois. Continent et Carrefour ont ensuite pris le relais. Corsaire ça en jetait quand même. Bien mieux que Cochonou ou Ticket Restaurant.
I pour insulaires : Alors bien sûr, comme dans tous les clubs corses, la corsisation est un élément moteur. Et si les joueurs nés sur l’île de beauté sont et ont été nombreux à jouer sous les couleurs rossublu, d’autres sont arrivés d’ailleurs. Et plus particulièrement des îles du Pacifique. Ainsi, plusisieurs jouers venant de Nouvelle-Calédonie ont marqué l’histoire du club. Il est ici question de Marc Kanyan, Charles Tamboueon, Moise Gorendiawe. Alors pourquoi avoir choisi la Corse ? Pour le climat bien sûr !
J pour Jeunesse Sportive Ajaccienne : La J.S.A est le club fondateur du GFCOA. Fondé en 1910, ce club se transforme en Football Club d’Ajaccio. C’est seulement 27 ans plus tard, avec la fusion entre le FCA et le Gazelec Football Club d’Ajaccio que le club deviendra ce qu’il est (presque) aujourd’hui. C’est à dire le G.F.C.A.
K pour Kanyan, Marc Case : Marc Kanyan Case a un nom à jouer dans Olive et Tom mais pourtant il a réellement exister, et il a même fait les beaux jours du GFCA. Cet ailier gauche néo-calédonien débarqua au club dans les années 60 après avoir été repéré par Cahuzac. Et celui-ci ne regrettera pas sa recrue. Petit, vif et rapide, Kanyan faisait la différence à lui tout seul, mettant ses adversaires au supplice. Considérait comme le meilleur joueur de l’histoire du football amateur français, cet avaleur d’espace est le meilleur buteur du club avec 72 buts inscrits en première division. Une vraie légende à Ajaccio mais aussi à Bastia où il a joué durant cinq saisons. Le canonier du Gazelec a ensuite embrassé une carrière dans la politique sur son île natale.
L pour logo :
Maintes fois changé ( à chaque fois que le club a changé de nom donc tout récemment ), l’écusson du club réunit désormais les couleurs rouge et bleu, couleurs qui viennent de l’ancêtre du G.F.C.O.A, le F.C Ajaccio. On remarque également la présence de la tête de Maure, emblème de la Corse, des armoiries de la ville d’Ajaccio, de la date de fondation de la Jeunesse Sportive Ajaccienne ancêtre du FC Ajaccio qui a fusionné avec le Gaz en 1960. Par contre, par rapport au dernier logo en date, des absences sont remarquées, celle du ballon en position centrale et celle plus décriée du Diable Rouge, emblème du club depuis toujours. Pour finir, la partie basse du logo est en forme de ‘V’ et ce n’est pas un hasard, c’est le ‘V’ non pas de Vendetta mais de ‘Vittòria’
M pour Mezzavia : Avant d’être renommé Stade Ange-Casanova, les joueurs du Gaz’ évoluaient dans le Stade de Mezzavia, du nom de la route sur lequel celui-ci se situe. Un peu comme le stade de Rennes qui se trouve sur la Route de Lorient. Ce stade de 6000 places a été l’antre des principaux exploits du club mais il fut aussi le théâtre du match opposant l’équipe de Corse et celle du Congo. Petit stade d’apparence désuète, Mezzavia devient chaud bouillant durant les matchs, assez pour faire vivre un enfer aux visiteurs en tout cas. C’est sans doute pour cela que les ajacciens sont surnommés les ‘Diables Rouges’…
N pour Napoléon : A l’instar de Tino Rossi, Alizée et Yvan Colonna, Napoléon Bonaparte est né à Ajaccio. Mais l’empereur a une carrière bien plus étoffée et importante que les autres. Napoléon est une institution dans le port corse, présent à tous les coins de rue, musées, rue, statues, tout y passe. A ce qu’il se dit, le premier des Napoléon était un fervent supporter du G.F.C.O.A. Ou pas.
O pour Olympique, Nîmes : Pourquoi Nîmes ? Tout simplement parce que beaucoup d’interactions directes ou indirectes se se faites, se font et se feront entre les deux clubs. Dans l’effectif actuel, Bocognano, Mandrichi et Collorédo ont porté les couleurs des Crocodiles.
P pour palmarès : Le palmarès du G.F.C.O.A est aussi étoffé que la Corse est belle. C’est dire. Extraits : – 2 titres de Champion de CFA en 2003 et 2011.
- 4 titres de Champion de France Amateurs en 1963, 1965, 1966 et 1968
- 8 titres de Champion de Corse de DH répartis entre 1937 et 2005.
- 16 fois vainqueur de la Coupe de Corse de 1933 à 1993
Q pour quart de finale : Avant la saison dernière, c’était la meilleure performance du club en Coupe de France. L’aventure s’était arrêtée face à Monaco sur le score de 3-0. Avant cela, le Gaz’ avait éliminé Château-Thierry, Toulon et Valenciennes. Ironie du sort, cette année-là, la Coupe ne sera pas attribué en raison du drame de Furiani.
R pour refus d’accession : Nous sommes lors de la saison 1998/1999, le Gazelec obtient une troisième place inespérée au classement final de National. Troisième place qui donne un accès en deuxième division. C’était sans compter sur un article de la LFP stipulant qu’une ville de 100 000 habitants ne pouvait pas compter deux clubs professionnels dans la même division. L’ACA et le Gazelec ne pouvaient donc pas co-habiter. Malgré plusieurs recours, la voix ajaccienne ne sera pas entendu, obligeant le club à continuer en National. Comble de la connerie, cette loi sera abrogée six mois plus tard. A ce moment-là, c’est tout le football club qui cria ‘Monde de merde’.
S pour stade Miniconi : Non, le nom du premier stade du F.C.A ne vient pas du petit CONI ( Comité Olympique National Italien) mais bien du nom du président du F.C.A de l’époque. Avant 1961 et la construction du stade de Mezzavia, les ajacciens évoluaient dans ce petit stade champêtre. Avec tout le charme que celui-ci engendrait.
T pour Tel le phénix : Tel le phénix, le G.F.C.O.A renaît de ses cendres. Qu’importe les embûches mises en travers de leur route par la ligue ou par la fédération, le Gazelec revient toujours plus fort, toujours plus haut, déjouant ainsi tous les pronostics. Des périodes de vache maigre, le club en a connu, mais celles-ci sont succédés par des si beaux exploits que l’on en oublie les difficultés d’antan. Et aujourd’hui, toutes ces années à se morfondre en National ou en CFA sont loin derrière. Le GFCOA vit son présent et le vit bien. Et son accession n’est par terminée, vous pouvez nous croire.
U pour U populu : Par antithèse avec l’A.C.A qui soit-disant représente la bourgeoisie, le Gazelec est le club du peuple, ‘des pauvres’. Comme dans toute belle histoire, il faut une histoire d’argent, de classe sociale, et bien la voilà.
V pour Veilex, Dominique : Ancien attaquant de Saint-Raphael, Dominique Veilex est entraîneur du G.F.C.O.A depuis 2010 après avoir coaché, Grasse, Draguignan et Le Pontet. C’est donc sans grande expérience que l’orangeois débarque en Corse. Et pourtant, il réalise des miracles. Pour preuve, il fait monter le club dès sa première saison à sa tête en dominant son groupe de CFA. Mais la belle histoire ne s’arrête pas là et en National, le GFCOA impressionne son petit monde avec sa défense de fer et ses joueurs de caractères. C’est ainsi que les corses réalisent une formidable épopée en Coupe de France, éliminant ainsi Toulouse et Montpellier. Dumè Veilex s’en sort parfaitement bien avec le peu de moyens mis à sa disposition et sait tirer le meilleur de ses joueurs et ceux-ci le lui rende bien. Une chose est sûre, l’aventure n’est pas encore terminée.
W pour www.gfca-foot.com : Tout nouveau, tout beau, c’est le site officiel du club. Allez-y jeter un coup d’oeil.
X pour Facteur X : Parce qu’on ne savait pas quoi dire d’autre.
Y pour la dernière lettre de Quevilly : Parce que le Gazelec aurait pu être l’adversaire de l’US Quevilly en finale de Coupe de France en 2012 si le GFCA n’avait pas perdu sa demie-finale 4-0 contre l’Olympique Lyonnais à François-Coty… Cette épopée restera cependant à vie dans les mémoires ajacciennes tellement elle fut épique et grandiose. Les victimes du club ont été, dans l’ordre : l’US Gières, Calvi, Toulouse, Troyes, Drancy et Montpellier (futur champion en titre!!).
Z pour Zeloua : Comme vu ci-dessus, les néo-calédoniens ont joué un rôle prépondérant dans l’histoire du Gaz’. Zeloua, lui, marquera celle-ci à l’insu de son plein gré. Effectivement, le Gazélec s’est vu privé d’une qualification obtenue en Coupe de France au bénéfice de Mazargues alors qu’ils avaient gagné. La cause ? Zeloua. Remplaçant et non entré en jeu, le néo-calédonien était soit-disant en situation irrégulière. Après (de longues) vérifications, il s’est avéré que la licence du joueur était tout ce qu’il y a de plus normal, mais comme entre temps un autre tour de Coupe avait eu lieu, la FFF s’est retrouvée dans l’incapacité de réintégrer le Gazelec. Monde de merde bis.
Cet abécédaire fut tout d’abord publié sur La Madjer, site footballistiquement à contre-courant. Allez y faire un tour.




août 14th, 2012 a 10 h 32 min
Tu peux même ajouter Cavalli (père) dans la liste des nîmois du GFCA.